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6 janvier 2020

Retraites à l’Education Nationale : courber la tête encore ou lutter vraiment ?

Retraites à l’Education Nationale : courber la tête encore ou lutter vraiment ?

05 JANVIER 2020 | PAR PASCALE FOURIER Article publié sur mediapart

Le sort du projet de réforme des retraites est entre les mains des enseignants. Et au même moment, ceux-ci tiennent dans leurs mains l’avenir de leur métier. Courber la tête, encore, comme d’ordinaire, ou lutter, et lutter vraiment : voici leur alternative. Ils ont été, pour le Gouvernement, le diable qui sort de la boîte, l’inattendu au sens premier du terme, le grain de sable dans la chaussure : les enseignants sont descendus en très grand nombre dans la rue pour s’opposer au projet de réformes des retraites, même si le Ministère a tout fait pour minimiser les chiffres.

C’est que le Gouvernement avait bien écrit sa partition : pointer du doigts les régimes spéciaux ( qui ne concerne que 3% des pensionnés) pour s’assurer de l’agrément des salariés du privé à la réforme prévue, sous prétexte d’égalitarisme à courte vue. C’était sans compter sur les enseignants. Car ils étaient là, dans la rue, chiffres en mains puisque tout est facilement calculable pour eux, leur rémunération étant connues de qui veut les connaître et répondant à des normes strictes.

Ils étaient là, en masse...Et en gros, pour eux, c’est simple : pour un nouvel entrant à carrière complète, ce sera plus de 30% de pension en moins. Pour tous, des pertes sèches, puisque les primes, qui entreraient dans les nouvelles modalités de calcul des retraites seraient prises en compte – mais les enseignants n’ont ont pas ou peu...

Déminage et enfumage

Le Gouvernement tente alors de déminer : si les enseignants rentrent dans le rang, la réforme passe. L’enjeu est de taille.

D’abord, diviser, pour eux comme pour les autres : dans le premier degré, 25% des enseignants avaient plus de 50 ans en 2017-2018 ; dans le second degré, 34% des enseignants étaient dans ce cas. De quoi faire rentrer un certain nombre d’entre eux dans les classes, à moins qu’ils n’aient le courage d’affirmer, comme les personnels de l’Opéra de Paris, qu’ils ne sauraient sacrifier leurs cadets.

Ensuite, jouer de la flûte.Les enseignants vont être revalorisés, et grassement – surtout les jeunes. Et de jeter sur le tapis les 10 milliards que pourtant le Président de la République leur avait refusé par avance à Rodez. Qui est la cible de ce discours ? Les enseignants eux-mêmes ? Ou plutôt les journalistes prompts à relayer les propos ministériels sans les mettre en perspective, sans faire le calcul simple pourtant du montant annoncé sur la durée annoncée de la « revalorisation », divisé par le nombre d’enseignants ( 870.000) pour tomber finalement sur le chiffre de 82 euros bruts par mois ( une aumône qui leur qui rapporterait 0.180187643 euro de pension de retraite brute par mois à vie)

Car les enseignants savent toujours calculer : une prime de 100 euros nets par an, c’est 1,39205 euro de retraite brute annuelle gagné ; 500, c’est 6,96025 ; 1000, c’est 13,9205. 1000 euros annuels sur l’ensemble d’une carrière de 43 annuités rapporteraient 584, 6661 euros bruts de pension annuelle, soit 48,721 euros bruts de pension mensuelle. Et donc à moins d’un salaire + primes de 4343 euros bruts mensuels en moyenne sur l’ensemble de leur carrière, leur pension ne pourra que baisser, contrairement à ce qu’on leur annonce....

La transformation à venir du métier d’enseignant

Et encore les augmentations annoncées sont-elles conditionnées à une évolution de leur métier. Laquelle ? Mystère – ou presque. Car on entend, derrière ce propos, une sévère remise en cause de leur travail. Ne mériteraient-ils pas leur salaire actuel qu’on leur demande ainsi d’effectuer de nouvelles tâches ? Ne seraient-ils donc pas « sous-payés » comme on feint de le dire actuellement, y compris au niveau ministériel, mais en fait surpayés pour ce qu’ils font ? L’implicite des propos du Ministre de l’Education Nationale peut quelque peu irriter ceux qui déjà préparent leurs cours, corrigent les copies, entrent les notes dans les logiciels adéquats, rencontrent les parents, se réunissent pour mettre en place un PAP, un PPRE, participent aux conseils des maîtres, aux conseils de classe, se concertent entre eux pour telle ou telle raison, rencontrent la direction pour ci ou ça, font les photocopies, etc etc etc...

Car c’était bien cela qu’avait cristallisé le suicide de Christine Renon:la conscience aigüe et devenue commune à tous les enseignants à cette occasion que leur Ministère de tutelle, dans le fond, les méprisait souverainement. Qu’ils devaient surseoir à tous les manquements de leur administration. Payer de leurs deniers pour du matériel nécessaire ; répondre à toutes les exigences de temps de travail en plus pour telle ou telle nouvelle tâche s’ajoutant encore à une autre tâche impulsée des hautes sphères de la-dite administration ; faire avec le manque d’infirmières, de médecins scolaires, d’assistants d’éducation, de secrétaires, de psychologues....Mettre en place telle réforme, puis telle autre, suivre telle lubie pédagogique en vogue, puis telle autre, là, maintenant, tout de suite. Et être sous-payés la majorité de leur carrière.

Courber la tête, encore ?

Ils ont courbés la tête très longtemps. C’est comme ça. On s’adapte. On sauve les meubles pour les élèves. Sans plus voir même parfois – souvent – qu’on est payé au lance-pierre, qu’on décroche par rapport aux autres salariés à qualification égale. On ne voit plus. On avance. Tête courbée.

Christine Renon en est morte. En relevant la tête. En transmettant à tous ses collègues un flambeau...

Le sort du projet de réforme des retraites est entre les mains des enseignants. Et au même moment, ils tiennent dans leurs mains l’avenir de leur métier.

 

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