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4 janvier 2020

Le simulateur très optimiste du gouvernement !

Des informations partielles et partiales, des projections hors-sols et une absence d’éléments de comparaison avec le régime actuel : l’outil mis en ligne par le Secrétariat d’État chargé des retraites est surtout destiné à masquer les effets néfastes d’un projet de réforme toujours contesté.

Avec le simulateur « officiel » de retraite mis en ligne en décembre par le gouvernement, tout le monde gagne ! Pour un peu, on se croirait revenu à la célèbre École des fans qui occupait les après-midis dominicales des familles dans les années 80. Seulement voilà, la ficelle est un peu grosse et nul besoin d’entrer dans la complexité des paramètres du projet de réforme pour disqualifier cet outil de communication. Trois remarques y suffisent.

Un fâcheux oubli

Les personnes nées avant 1975 ne seraient pas concernées par la réforme. Ah oui ? C’est oublier un peu vite que dès 2022, toutes les générations nées à partir de 1960, et de 1965 pour les catégories dites "actives", seront victimes d’un malus en cas de départ à la retraite dès 62 ans, avant donc d’avoir atteint le fameux "âge d’équilibre" de 64 ans. Un malus de 10% sur la pension, susceptible d’évoluer à la hausse, dans la mesure où le rapport Delevoye envisage de repousser progressivement ce même âge d’équilibre à 65 et 66 ans.

Une précocité universelle

Les informaticiens du Secrétariat d’État chargé des retraites ont fait simple, tous les fonctionnaires sont censés entrer dans la carrière à 22 ans. C’est là aussi oublier que les enseignantes et les enseignants des écoles sont recrutés à bac + 5, avec le concours en poche en moyenne à 26 ans, selon les propres chiffres de la rue de Grenelle. L’addition est vite faite si l’on veut prétendre partir en retraite avec une carrière complète et une pension sans malus.

Tout le monde à la même enseigne

S’agissant des « cas types » présentés, même topo, on a fait simple. Avec une carrière continue, sur le même emploi pendant quarante ans, sans interruption ni temps partiel, sans disponibilité ni congé parental. Rien qui puisse venir perturber le bel itinéraire d’une vie professionnelle sans accrocs ni détours. Une vie rêvée des anges dans laquelle bien peu de PE devraient pouvoir se reconnaître.

Demain, on rase gratis

Et le reste est à l’avenant, sans le moindre élément de comparaison avec le régime actuel et à partir de projections hors-sols. Quant à Agnès et Martin, les deux PE présentés en cas-types, ils sont priés de croire que « Le Gouvernement s’est engagé à ce que les pensions des enseignants ne baissent pas avec la garantie de revalorisation des rémunérations prévue par la loi. Ils bénéficieront ainsi d’une revalorisation progressive de leurs primes actuellement en cours de négociation. » Puisqu’on vous le dit ! C’est même écrit en gras sur les fiches de présentation. « Marre de simuler ma retraite, je veux en jouir ! », proclamait la pancarte d’une manifestante hilare dans la manifestation parisienne du 17 décembre contre le projet de réforme. Gageons qu’on la retrouvera aussi déterminée et revendicative dans les mobilisations qui reprennent de plus belle en janvier.

 

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