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18 mars 2016

CONSEIL DE FORMATION DU 11 MARS 2016

Le SNUipp a obtenu que la profession soit consultés sur ses besoins de formation. Un groupe de travail départemental analysera les remontés dans l’optique du prochain plan de formation continue.

Déclaration liminaire des représentants des personnels du SNUipp-FSU Conseil de Formation du 11 mars 2016

Le SNUipp-FSU a récemment publié les résultats d’une enquête réalisée avec l’Institut Harris sur les enseignants du 1er degré et le regard qu’ils portent sur leur métier. 88% estiment que leur profession s’est dégradée au cours des dernières années. Si la grande majorité d’entre eux sont fiers de leur métier et fortement engagés auprès de leurs élèves, les conditions de travail actuelles ne leur permettent pas de mettre en œuvre ce qui serait nécessaire à la réussite de tous. En effet, les enseignants jugent que leur métier est à « bout de souffle » : 83% d’insatisfaction sur les salaires, 80% sur le temps et la charge de travail, 88% sur les tâches administratives et 91% sur la formation, sujet central de la réunion de ce jour !

Un budget toujours pas à la hauteur !

Qu’a fait le ministère depuis 2012 pour “refondre” la formation continue des enseignants ? Il a encore baissé le budget dédié à la formation continue à 17,88 M€ cette année contre 18,5 M€ en 2015, budget déjà divisé par deux entre 2008 et 2012 ! Résultat : sur le plan quantitatif, les enseignants français bénéficient en moyenne de trois jours et demi par an de formation, contre huit en moyenne dans les autres pays de l’OCDE. C’est le quota minimum auquel chaque collègue devrait pouvoir prétendre chaque année !

La ministre a beau annoncer (en janvier dernier) la mise en place d’un comité national d’orientation de la formation dans le premier degré, avec objectif, pour la rentrée 2016, de la mise en place d’un « plan exceptionnel de formation continue d’un niveau comparable à ce qui s’est fait pour le collège », nous ne voyons rien venir : aucune précision sur le rôle assigné à ce nouveau comité, aucune information au sujet des contenus et des volumes de ces formations. La rentrée 2016 approche à grands pas et avec elle, de nouveaux livrets scolaires, de nouveaux programmes, qui n’ont toujours pas été envoyés en version papier dans les écoles comme nous le demandons, et des attentes fortes de notre profession en quête d’enrichissement de ses connaissances professionnelles. Notre pétition qui demande notamment une formation continue renouvelée et inscrite sur le temps de classe, déjà signée par plus de 33 000 collègues en quelques semaines, constitue d’ailleurs un appel ferme à changer la donne. Sur le plan qualitatif, le ministère rejette aujourd’hui sur les enseignants la totale responsabilité de leur formation par la formation numérique à distance ! Quelques parcours Magistère, beaucoup de PDF de plusieurs dizaines de pages et le tour est joué ! Même la cour des comptes ne s’y trompe pas lorsqu’elle déclare que la « formation continue [est] très faible, sans lien étroit avec les besoins concrets exprimés par les enseignants ».

La nécessaire prise en compte des besoins de la profession

En effet, la cour des comptes relève par ailleurs « un scepticisme, très majoritaire parmi les enseignants, sur l’aide que leur apportent ces formations dans leur travail quotidien ». C’est pourquoi le ministère serait bien inspiré de prendre en compte les besoins exprimés par la profession. Au niveau académique, le groupe de travail du 21 mai 2015, suite à notre interpellation, a donné lieu à l’engagement du Rectorat à travailler sur un modèle qui devrait permettre de recenser des besoins en matière de formation continue. Au niveau départemental, lors du dernier conseil de formation de juin 2015, le SNUipp proposait d’anticiper dans ce domaine et de mettre en place ce type de consultation pour l’année scolaire en cours. Cette demande reste pleinement d’actualité et il n’est pas trop tard pour agir dans la perspective de la construction du prochain Plan Départemental de Formation.

Retour sur l’enquête formation de 2015

Un travail a été amorcé dans ce sens au cours de l’année scolaire précédente, mais il s’appuyait uniquement sur l’enquête mise en place par notre organisation par le biais des rencontres et échanges avec nos collègues. Trois axes de travail ont émergé : les contenus, la durée des stages et les modalités d’organisation. Sur la question des contenus, trois priorités se dégagent de cette enquête.

- En 1, traiter la difficulté scolaire et ne pas rester seul face à celle-ci.

- En 2, gérer les problématiques pédagogiques : hétérogénéité des élèves, temps de remédiation, évaluation, formation aux pédagogies innovantes, techniques pour organiser au mieux sa classe, pour monter des projets comme les classes de découverte.

- En 3, travailler à plusieurs et aborder les contenus d’enseignement abandonnés ces dernières années par l’administration.

Au-delà, des demandes liés au savoir être professionnel étaient fortement exprimées : gestion de la communication avec les partenaires, gestion des conflits, organisation... Dans tous ces domaines, les enseignants ardéchois sollicitent l’apport de la recherche dans le cadre d’échanges entre pairs pour permettre ; prise de recul, construction de réponses collective et enrichissement des pratiques. C’est ce qu’on pu vivre nos collègues lors des deux jours de stages organisés à Cruas par le SNUipp en novembre dernier sur le thème des pédagogies coopératives et de la construction du collectif à l’école. Le bilan de ce stage laisse apparaître une importante appétence d’échanges de pratiques, d’accompagnement et de contact avec la recherche dans un cadre collectif bienveillant. Loin du modèle déshumanisant de la formation à distance ! Deuxième pan de l’enquête, la question de la durée des formations : nos collègues réclamaient des stages de plusieurs jours avec retours. Cette demande a pour partie été satisfaite dans le cadre du PDF 2015-2016 puisque des retours y sont planifiés. Reste la question du nombre de jours de stages programmés elle-même corrélée au potentiel de remplacement. Sur le troisième pan de l’enquête, les questions d’organisation (procédure d’inscription, informations sur les stages), suite aux nombreuses interventions du SNUipp, des évolutions favorables et notables ont eu lieu et nous nous en félicitons. Néanmoins, le dispositif Gaia reste inadapté à la réalité organisationnelle des enseignants des écoles. Encore une fois, le ministère a décidé de recycler à moindre frais un outil qui n’a pas été élaboré pour les écoles. C’est aussi par ces dysfonctionnements que l’on perçoit que le ministère traite les personnels des écoles en sous-enseignants ! Le SNUipp-FSU porte la demande forte et légitime de la profession de disposer des convocations sur les lieux d’exercices effectifs. Au final, la forte participation de nos collègues à cette enquête nous montre clairement leur souhait de pouvoir faire part de leurs besoins et ils aspirent à être entendus ! D’un point de vue paritaire, nous actons positivement la mise en place d’un groupe de travail sur les candidatures en début d’année scolaire. Il a permis échanges constructifs et surtout un retour à une procédure transparente pour notre profession. Pour améliorer encore le dispositif de suivi, l’étape suivante doit être le retour à une étude des candidatures et au suivi des stages en CAPD.

La question des PES

Côté PES, si nous avons salué et saluons un retour à la formation, nous sommes obligés de constater que celle-ci prend une forme insatisfaisante que nous dénonçons ! Nos collègues PES sont placés dans une situation difficile : à la fois empêchés d’investir une véritable formation professionnelle de qualité par le poids du mi-temps en classe et empêchés de préparer leur classe par des exigences à l’ESPE intenables. Les CHSCT (ministériel et départementaux) ont interpellé l’Education Nationale sur la charge de travail et la souffrance engendrée. Le nombre de démissions de ces jeunes collègues et les difficultés de recrutement doivent questionner. Sur le plan départemental, nous notons une amélioration quant à la prise en compte des parcours adaptés. Il n’en reste pas moins que nous constatons qu’aucun effort n’est engagé pour améliorer la formation des PES. Ils sont utilisés comme moyen d’enseignement dès la passation du concours. Et aucun stage massé, dans un autre cycle que celui dans lequel ils exercent ne leur est proposé (alors que cela se fait dans d’autres départements). Pour le SNUipp, les stages en responsabilité des PES ne doivent pas dépasser 1/3 temps de formation incluant les temps de préparation et d’analyse de pratique. L’entrée dans le métier doit se faire de façon progressive : l’année de T1 doit consacrer la moitié du temps à la formation et la formation initiale doit se poursuivre en T2. Concernant les conditions de prise en charge des déplacements de ces collègues (Indemnité Forfaitaire de Formation ou décret de 2006), nous exigeons le respect des textes depuis septembre 2014 (date de parution des circulaires cadrant ce dispositif). Nous constatons et dénonçons que le département joue la montre et bafoue de ce fait les droits de ces personnels.

Du côté des nouveaux programmes

Côté nouveaux programmes des cycles 2 et 3, ils entreront en vigueur à la prochaine rentrée. Si les orientations en français et mathématiques vont dans le bon sens, ce qui est demandé en sciences, langues vivantes, arts et EPS reste parfois inadapté et irréaliste pour les élèves de l’école primaire. D’une manière générale, la barque continue d’être bien chargée ! Quant aux documents d’accompagnement, le ministère nous refera-t-il le coup de la rentrée dernière avec ceux de maternelle en les publiant fin août ? Une rentrée avec des nouveaux programmes ne se prépare pas le 28 août ! Nous nous étonnons également que le ministère ne décide pas d’envoyer des exemplaires papiers à chaque école ou ne les fassent porter par les IEN aux équipes comme il l’avait imposé pour le petit livre sur les rythmes scolaires. Chaque mairie avait eu son petit livret porté à domicile ! Là aussi, on observe combien la déférence envers les uns contraste avec ce qui s’apparente à une forme de mépris envers les autres !

Autre interrogation : quelle formation continue sera programmée avec le maigre budget voté ? Devrons-nous nous contenter d’une animation pédagogique et d’un diaporama ? A l’heure de la mise en place des nouveaux programmes, la transformation de l’école repose sur la formation initiale et continue. C’est la ligne adoptée par tous les pays qui ont réformé avec succès leur système éducatif et qui investissent dedans. Le dernier rapport de l’OCDE est sur ce point édifiant : la France reste, avec l’Allemagne, le pays qui dépense le moins pour le premier degré. On est même 29% en dessous de la moyenne OCDE.

Décidément, les mots et déclarations résistent mal à l’épreuve des faits ! Le SNUipp-FSU a fait le choix d’être au côté des personnels en toute indépendance, c’est pour cela qu’il continue à exiger avec la profession une formation continue à la hauteur des enjeux d’une école émancipatrice et de la réussite de tous !

 

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