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29 mai 2015

AVS et enseignants, comment travailler ensemble ?

Compte-rendu du stage syndical (Mardi 12 mai 2015 à Valence)
Intervenante : Christine Philip

La collaboration entre enseignants et AVS

Christine Philip insiste sur l’importance de parler de situation de handicap : le handicap est là, on ne peut rien faire pour le supprimer. Par contre, on peut agir sur la situation dans laquelle est l’enfant pour l’adapter à ses difficultés et lui permettre de progresser. Dans cette vision, c’est le milieu d’accueil qui s’adapte.

Des difficultés peuvent se rencontrer :
- du côté de l’enseignant :
pas assez de formation au handicap et à l’inclusion des enfants en situation de handicap dans les classes, pas toujours facile d’accueillir un « étranger » dans sa classe. Enseigner est un « métier impossible  », dans le sens où on n’est jamais certain de ses actes. Il faut prendre une multitude de micro-décisions dans l’action, face à la classe.
- du côté de l’AVS :
parfois étranger au milieu scolaire et à ses normes, ses codes, des difficultés peuvent se présenter du côté de l’enfant accompagné et de ses particularités, comme du côté des activités scolaires à adapter. 3 modes de fonctionnement de binômes sont observés :
- la juxtaposition :
l’enseignant s’occupe de sa classe et laisse l’AVS se débrouiller, pas de concertation. C’est une configuration défavorable.
- l’interdépendance :
l’AVS est en retrait et aux côtés de l’enfant ; l’enfant est dans le groupe et bénéficie d’encouragements de la part des adultes, l’enseignant est positif avec l’ensemble des élèves ; les supports visuels adaptés à l’élève en situation de handicap bénéficient à tous les élèves. L’enseignant a un rôle central et l’AVS laisse la place à l’enseignant. C’est la configuration idéale.
- l’indifférenciation :
l’intervenante diffuse une vidéo filmée dans une CLIS. On ne sait plus qui est l’AVS et qui est l’enseignante. Il y a énormément de concertation. Le risque est de perdre de vue le rôle d’enseignement au profit d’un rôle plus éducatif, dans lequel le grand groupe n’existe pas toujours.

Selon Christine Philip, le fonctionnement idéal est l’interdépendance.

D’autres collaborations sont importantes :

- avec les autres enseignants et le responsable de l’établissement : la réflexion autour de l’accueil d’un élève en situation de handicap devrait être collective ;
- avec les parents, qui sont les experts de leur enfant et de son handicap ;
- avec les autres professionnels, qui devraient pouvoir être présents dans la classe pour guider l’élève, conseiller l’AVS et l’enseignante.

La présence d’un élève en situation de handicap est l’occasion de développer le tutorat entre enfants, dans un climat de coopération, comme dans cette vidéo tournée dans une cantine : ce sont les élèves les plus perturbateurs qui sont tuteurs des enfants ayant un handicap, ce qui permet de les responsabiliser et les aide à grandir.

Être accompagnant scolaire, une fonction complexe pour l’AVS et l’enseignant.

Le terme « accompagnement  » est très flou et utilisé dans de nombreux secteurs : on accompagne tout le monde et partout : les handicapés, les parents, les enseignants, etc. Il faudrait plutôt parler de partenariat avec les parents et de formation pour les enseignants. Accompagner induit de l’empathie, le souci de l’autre, c’est le contraire d’une distance froide et objective. La fonction remet en question l’autorité de l’expert-enseignant. L’AVS est un accompagnant éducatif et pédagogique mais cette fonction ne réfère à aucun métier. Marcel NUSS, dans son livre « former à l’accompagnement des personnes handicapées  », donne une définition étymologique : accompagner, c’est aller vers l’autre pour partager son pain. C’est différent de la prise en charge, de l’assistance, de l’aide. C’est la prise en compte de la personne, c’est cheminer à côté de la personne et lui proposer une individualisation et une personnalisation. L’enseignant peut et doit développer cette posture s’il s’investit dans une relation centrée sur la personne, s’il se met au service de la personne.

L’inclusion

1. État des lieux

Avec la loi de 2005, on passe de l’obligation éducative au droit à la scolarisation pour tous les enfants. Beaucoup de difficultés de mise en œuvre. En 2013, la loi sur la refondation de l’école parle d’une école inclusive pour tous les enfants qui doit permettre d’obtenir les meilleurs résultats pour les élèves en situation de handicap et une plus grande ouverture à la différence.

L’intervenante donne ensuite des chiffres sur le nombre d’enfants souffrant des divers troubles :

- les enfants avec troubles intellectuels et cognitifs sont majoritairement scolarisés en CLIS et ULIS mais passent de 60 500 dans le premier degré à 30 000 dans le second degré. C’est le champ du handicap où il y a le plus de différence entre premier et second degré. Ils sont davantage scolarisés à temps partiel, ce qui augmente la situation de handicap puisque l’adaptation au milieu est plus difficile quand on y passe peu de temps. Il faudrait que la scolarisation ne soit pas inférieure à un mi-temps.

La nature du handicap influe non seulement sur le mode de scolarisation (ordinaire, classe spécialisée, institution) mais également sur les trajectoires scolaires des enfants.

Il y a moitié moins d’ULIS que de CLIS : que deviennent les enfants ?
- Ils vont en IME (mais n’y sont souvent pas prioritaires) ou en SEGPA (dont ce n’est pas la mission première). Il y a donc une grosse difficulté avec le passage dans le second degré.

- Concernant l’autisme et les troubles envahissants du développement (90 000 à 110 000 enfants de moins de 20 ans), 1/4 seulement est scolarisé. Environ 5 000 le sont en Belgique.

20 000 enfants en France ne sont pas scolarisés : enfants polyhandicapés, autistes sévères.

La France a été condamnée en février 2014 par le Conseil de l’Europe pour ne pas avoir suffisamment proposé de scolarisation en milieu ordinaire pour les enfants autistes ou avec troubles envahissants du développement.

2. Analyse de la situation actuelle

Intégration :
- c’est la personne qui doit s’adapter au milieu d’accueil (qui reste ce qu’il est).

Inclusion :
- c’est le milieu qui s’adapte. C’est l’accueil de la différence avec une préparation et une formation a minima du milieu d’accueil.

Il s’agit de rendre les savoirs accessibles et cela concerne tous les élèves puisqu’on prend en compte toutes les différences, on s’adapte en répondant aux besoins des élèves, et cela n’a aucune limite, même si l’élève s’éloigne de la norme.

Notre système est intégratif alors qu’il prône l’inclusion. C’est une injonction paradoxale.

En Italie, dans les années 1970, il a été décidé de fermer toutes les institutions. Du jour au lendemain, les enfants porteurs de handicap même lourd se sont retrouvés en classe. Pour ces classes, les effectifs ont été diminués de moitié et un enseignant spécialisé est présent à temps plein. C’est ce que prône le Conseil de l’Europe.

3.Que faire pour faire évoluer la situation ?

  • Canal Autisme (CNED) propose des formations en ligne gratuites
  • il faut quitter ce système centré sur la norme ; changer les programmes ne suffit pas, c’est le système d’évaluation qu’il faut revoir
  • pratiquer une pédagogie inclusive et l’évaluation inclusive (éviter toute forme de catégorisation, encourager, aider)
  • utiliser l’évaluation formative.

 

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