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12 juin 2012

Le rapport sur la maternelle enfin publié

Ce rapport, dont le SNUipp réclamait la publication depuis octobre 2011, dresse un tableau sans concessions et excessivement précis sur l’état de l’école maternelle française. Il ouvre des pistes d’évolution.

Le contenu du rapport de l’inspection générale ne va pas dans le sens de la politique menée ces dernières années, ce qui explique sans nul doute le retard de parution.Si le constat est parfois rude, le rapport voit dans l’école maternelle une forme de prise en charge originale à laquelle on doit maintenir sa confiance. Plus généralement, notre pays a pu faire figure de précurseur dans le domaine de l’éducation et de l’accueil des tout jeunes enfants mais ce n’est plus le cas. Pour autant, le rapport souligne positivement la singularité d’une école ouverte à tous les enfants, gratuite, qui voit l’engagement conjoint des communes et de l’état lui appliquer un traitement quasi égal à celui de l’ école obligatoire. Elle constitue une solution d’équilibre intéressante en permettant un accueil massif des jeunes enfants, leur donne des bases solides et permet aux parents de concilier vie familiale et vie professionnelle.

Des critiques

Le rapport souligne une “primarisation” de l’école maternelle dès la petite section, la trop grande place de la préparation du lire écrire au détriment d’autres acquisitions, l’oral toujours sous investi et des modalités et rythmes de travail indifférenciés. Il relate un essor du travail sur fiches, un envahissement de l’écrit, l’imposition parfois d’outils d’évaluations transformés en contraintes administratives, des travaux très formels au détriments des jeux et manipulations à même d’ancrer les apprentissages, des équipements appauvris. « Ne seraient-ce pas les enfants les plus défavorisés , les plus vulnérables, qui ont le plus à pâtir d’exigences prématurées ? » questionnent les inspecteurs généraux.

Des recommandations

Pour l’inspection générale, il y a urgence à inverser cette logique et à penser le cursus maternelle en accord avec le développement de l’enfant. Amener les enfants à observer, imiter, répéter, jouer, chercher des réponses, imaginer des solutions pour résoudre des problèmes, relever des défis et mettre des mots sur les activités, toutes conditions pour qu’adviennent les apprentissages. Le rapport propose dans ce sens d’aménager et équiper les classes pour investir des activités riches et d’adapter les rythmes en les faisant évoluer des tout-petits aux grands. Il en appelle aussi à plus de souplesse sur les conditions d’entrée (au début de la période scolaire qui inclut les trois ans de l’enfant) et sur les exigences d’assiduité qui doivent s’appliquer avec progressivité.

Il imagine une distinction entre deux périodes de pré scolarisation.
- Avant cinq ans plus axée sur l’éveil éducatif avec l’apport de nouveaux personnels (éducateurs de jeunes enfants, ATSEM à mission plus éducative...)
- après, progressivement, vers les acquis préparatoires aux fondamentaux, sans anticiper sur le CP.

Dans ce sens, des instructions claires pour différencier les sections doivent être données. La classe des petits aurait la forme d’une passerelle.

« Donner plus et mieux à ceux qui ont moins sans abandonner les autres » dans un cadre où « le plaisir d’être à l’école, c’est aussi le plaisir d’y réussir » passe par une conception de l’évaluation qui s’inscrit dans une pédagogie de l’encouragement et qui s’intéresse aux processus au delà des seuls résultats. Les différences entre élèves ne peuvent être interprétées comme des signes de difficulté. Le rapport préconise le portfolio avant cinq ans, le livret scolaire pas avant la GS.

Sur la question du langage oral, le rapport suggère d’armer les enseignants pour identifier les points d’alerte en la matière à l’aide d’outils conçus par des spécialistes reconnus et des praticiens experts, et de pratiquer des bilans impliquant les parents. Les RASED et les spécialistes FLS auraient toute leur place en maternelle pour appuyer les équipes d’écoles. Une plus grande implication des parents pour atténuer les effets des ruptures, des informations sur leur rôle en matière de langage et d’entrée dans la culture écrite, sont aussi préconisées ainsi qu’un partenariat éducatif formalisé et organisé qui crée une connivence.

Des leviers

« Ce serait un paradoxe que de continuer à entretenir à grands frais une école maternelle sans lui accorder les clés de la qualité que tous les référentiels internationaux reconnaissent : une formation adaptée de ses professionnels. » En formation initiale et continue, après observation et analyse du travail de professionnels experts, le rapport propose de diffuser les « gestes professionnels » particuliers à la maternelle. Mais, « s’il n’est pas nécessaire de penser une formation entièrement à part pour préparer à enseigner en école maternelle, il serait cohérent, dans la logique préconisée d’une conception progressive de la pédagogie, d’envisager une hybridation de culture professionnelle avec celle d’autres acteurs du secteur de la petite enfance ». Les IEN et CPC sont eux aussi concernés et doivent être formés.

Le pilotage doit répondre aux différences territoriales après avoir analysé les besoins. Pour évaluer la qualité et l’efficacité de l’école maternelle, des « critères de qualité » doivent être définis ainsi que des indicateurs d’efficacité de l’école maternelle.

La construction d’un partenariat, des ministères de tutelle aux élus locaux, est suggérée : ébauche d’un service public de la petite enfance ?

Sur l’accueil des deux - trois ans, des solutions doivent être trouvées qui concilieraient intérêt de l’enfant, besoins des familles, capacités de l’État et des collectivités locales. Des complémentarités doivent être recherchées avec l’idée que ce n’est pas forcément de scolarisation dont ont besoin les enfants peu stimulés, mais de stimulations, notamment langagières, et en lien avec l’entrée dans l’écrit menées par des professionnels formés. Concernant les ATSEM, l’élaboration de chartes pour aller vers un rôle plus éducatif, leur donner une place dans les conseils d’école, concevoir des formations communes avec les enseignants, sont des pistes évoquées.

Enfin une autre organisation du travail en école maternelle est souhaitée. Il est nécessaire d’encourager les expérimentations allant dans le sens d’une autre organisation et de les évaluer.

Lire : le rapport L’école maternelle

Daté d’octobre 2011, il a été rédigé par Viviane Bouysse et Philippe Claus pour l’inspection générale de l’éducation nationale (IGEN), par Christine Szymankiewicz pour l’inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGEAENR).

 

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